







Février 1990. Madeline est une jeune mannequin d’origine roumaine en pleine ascension. Dans l’hôtel de Naples où elle est hébergée par son agence avec d’autres mannequins, elle est toutefois retrouvée morte noyée des suites d’une agression. L’enquête est ouverte. Parmi les suspects : des amies qui se trouvaient sur la même short list qu’elle pour la cover du Vogue, des petits amis jaloux, des membres des familles, les hautes têtes de l’agence elle-même.
Qui a tué Madeline ? Et pour quelles raisons ?
Thriller constitué de lettres, de procès-verbaux et de comptes-rendus, Qui a tué Madeline ? nous entraine dans l’effervescence et la jungle du mannequinat des années 1990 et parle de jalousie, d’amitié, de secrets et de la révolution roumaine. Pour le nombre de personnages, la complexité de l’intrigue et la lenteur de son rythme, il vise un lectorat avancé.
Si vous êtes un·e habitué·e de mes chroniques, vous savez que je dis souvent qu’avoir des attentes est dangereux parce que le risque de déception est plus important. Sauf que c’est difficile de s’en empêcher, n’est-ce pas ? Ici, avec Rachel Corenblit et Florence Hinckel aux commandes, avec ce résumé et cette couverture, j’étais absolument emballée. Et j’ai été déçue.
Qui a tué Madeline ? possède tous les ingrédients pour construire un suspens génial : le cadre « historique » captivant de l’ère pré #Metoo alors que les couteaux volent bas et que les filles s’affament pour gagner des contrats (d’ailleurs on voit passer les noms des vraies mannequins de l’époque à travers l’intrigue, ce qui ajoute à la crédibilité), mais aussi celui du bouleversement de la Roumanie à cette époque, des personnages plus grands que nature, d’origines diverses et avec des personnalités et des réactions éclectiques, la dynamique entre les enquêteurs (le jeune qui ne se fait totalement confiance, le plus vieux qui en a trop), le décor… mais je suis passée à côté à cause d’un élément précis : le format.
Faire tenir une enquête dans un roman épistolaire, c’est ardu, encore plus quand tous les personnages s’expriment. Parce qu’il faut chaque fois prendre le temps d’établir la relation entre les deux et que, pour que ce soit authentique, ils ne peuvent pas juste parler du meurtre. Il y a donc une quantité de « pollution » dans les échanges, des éléments anodins et un peu ennuyants qui, parfois, dissimulent de vrais indices, bien sûr, mais qui alourdissent surtout l’ensemble. J’ai voulu aimer ça, mais il faut beaucoup de persévérance avant que tous les éléments créent finalement du sens. Bref, malgré une intrigue bien tordue, des plumes fluides et un cadre captivant, pour moi, c’est une déception !
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