







Manuel avait déjà l’impression d’être un peu à côté dans sa vie, surtout face à sa cousine Édesse qui, elle, semble toujours savoir où aller et quoi faire. À la mort de sa grand-mère, son repère, Manuel perd pied, s’enfonçant dans des comportements problématiques. Mais peut-être que la solution pour canaliser sa tempête intérieure est plus accessible que ce qu’il croit. Et si cela passait par ses doigts ?
Roman sensible qui parle de deuil, mais aussi de résilience, d’estime de soi et de crochet (oui, oui), Maille-maux peut rejoindre tous les lectorats.
Comme indiqué en postface, Maille-maux a été d’abord réfléchi lors d’ateliers au cours desquels Josée Bournival a rencontré des ados et recueilli leurs confidences. On ne me l’aurait pas dit que je m’en serais douté. En effet, ce contact bien réel se sent dans les détails des interactions entre les protagonistes, dans l’authenticité de ces derniers et dans les failles qui affleurent dans chacun, adolescents et adultes.
Il y a quelque chose de très touchant à découvrir, après coup malheureusement, le lien fort entre Manuel et sa grand-mère même si cela complexifie le processus de deuil et entraine le héros vers des souffrances qu’il ne sait pas comment aborder. C’est finement apporté dans l’histoire et il y en a peu, de ce genre de récit court, accessible, qui ose parler de la profondeur du gouffre et de l’impression que personne ne nous comprend.
Attention toutefois, l’autrice est habituée d’écrire pour les plus jeunes et cela se ressent aussi à travers des phrases brèves qui hachent le texte et lui donne un ton plus enfantin. Ça m’a surprise au début, surtout parce qu’il y a ici des thématiques sensibles qui apparaissent en transparence au fil du chemin de Manuel, par exemple les troubles alimentaires et l’automutilation, et qui, elles, visent un public plus mature. Il faut donc surmonter cette impression initiale parce que oui, les ados pourraient trouver là, dans cette histoire intime et douce, des clés pour se sortir de moments plus difficiles, notamment via les arts manuels.
En bref ? Malgré une couverture et un ton peut-être plus jeunes, Maille-maux n’a pas peur d’aller puiser dans le réel des ados d’aujourd’hui et peut leur offrir des portes de sortie surprenantes, mais apaisantes. À découvrir !





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