







Quand un corps est retrouvé au milieu du labyrinthe supposé être le clou du spectacle offert par le maire aux habitants de Saint-Arnac, c’est le branlebas de combat. Il faut dire que Jodoin avait plusieurs ennemis et que du coup les suspects sont multiples, à commencer par Aymeric. En effet, l’adolescent est disparu pendant vingt-quatre heures, pile au moment du meurtre, et dit n’avoir aucun souvenir de ce qui lui est arrivé. Décidés à prouver son innocence en trouvant le véritable coupable, ses amis se lancent à la chance aux indices aux côtés de l’enquêtrice dépêchée sur place…
Récit policier se déroulant dans une ville fictive et abordant par la bande les concepts de loyauté, de vengeance et de quête de pouvoir, Saint-Arnac vise un lectorat avancé vu le grand nombre de personnages, la chronologie éclatée et la complexité de l’intrigue.
Un roman policier écrit par des profs, ça vous dit quelque chose ? En découvrant Saint-Arnac, j’ai tout de suite pensé à Ce qui disparait, récit rédigé à quatre mains par Gabrielle Saint-Germain et Marie-Andrée Arsenault. Cette fois, Isabelle Lafortune, Marie-Lou Foisy et Nadine Fréchette sont trois et, si elles offrent bien un mystère qui commence aussi par une disparition, on est ici complètement ailleurs, à la fois dans la forme de l’intrigue, plus complexe, et dans celle de l’écriture.
En effet, si la bande formée par les adolescents se trouve bien impliquée au cœur de l’histoire, le ton de l’ensemble se rapproche plus d’un roman pour adultes que d’un roman jeunesse : ça se ressent dans la mise en place des éléments, dans les descriptions, dans l’attention portée aux relations entre les adultes, dans les nombreuses scènes sans aucun adolescent présent ou encore dans le choix du vocabulaire. Ça ne veut pas dire que ça ne plaira pas aux ados, souvent intéressés par des œuvres adultes aussi, mais ça fait en sorte qu’un lectorat plus récalcitrant pourra avoir davantage de mal à accrocher.
Parlant des ados, on sent que les autrices sont en contact fréquent avec eux vu la qualité de la construction des personnages de cet âge. Chacun est crédible et apporte une couleur particulière au récit, de la sensibilité de l’une au spectre de l’autre (le TSA est d’ailleurs hyper bien imbriqué dans l’histoire et présenté de façon très réaliste). Ils sont aussi plus nuancés que les personnages adultes, ces derniers étant peut-être trop caricaturaux, notamment le maire, comme trop peu malin pour sa position.
Bref, le premier tome de Saint-Arnac (la finale ouvrant clairement la porte à une suite) offre une histoire bien ficelée dont la résolution est intéressante dans la multitude des volets qu’elle implique, mais je suis restée pour ma part un peu mitigée, comme s’il manquait un petit quelque chose pour que la magie fonctionne vraiment.
Le petit plus ? J’ai personnellement beaucoup de plaisir à imaginer les noms de lieux dans mes romans et j’avoue que j’aurais bien aimé penser aussi à Saint-Arnac ! Belle trouvaille !
Sophielit est partenaire des Librairies indépendantes du Québec (LIQ). Cliquez ici pour plus d'informations sur ce partenariat.
Nouveau commentaire