







Longueuil, 1993. Amorçant son été comme sauveteuse à la piscine Versailles, Amour ne parvient pas à surmonter le souvenir de cette nuit-là où tout a basculé. Essayant de soutenir ces êtres qu’elle côtoie dans son petit monde de béton, Amour cherche aussi comment s’aider elle-même alors qu’elle a perdu tous ses repères. Et c’est peut-être qu’en offrant les mots aux autres qu’elle trouvera les siens…
Récit psychologique livré avec une plume poétique, Piscine Versailles parle des conséquences de l’abus, des fractures sociales et de la résilience. Pour un lectorat intermédiaire et avisé.
En deux livres seulement, Julie Hétu est pour moi devenue une incontournable. Son écriture est vivante, remplie d’images, saisissante dans sa façon de rendre le réel sans le magnifier, percutante. Ici, elle plonge dans le monde difficile, parfois cruel, des environs de la piscine Versailles avec ses tours d’habitations et ses enfants qui ne mangent pas toujours, mais aussi dans les traumatismes et leurs conséquences. Amour porte un regard vif sur le monde, empathique, mais elle a du même à faire face à ce qu’elle a vécu, à accepter ce qui s’est passé, ce qui fait qu’elle s’oblige à se détacher d’elle-même.
« Alors elle reste là, pendant que sa tête tout doucement se découd du reste de son corps. »
Fort différent de Laissez bruler Laurier Rose, ce roman est une chronique estivale dramatique où l’émotion du personnage principal est à fleur de peau. C’est dense, brut, et un peu mystérieux aussi parce qu’Amour n’offre que des bribes de souvenirs de « la » soirée et que, si on comprend vite que c’est grave, que ça implique un abandon de sa meilleure amie, la fragilisant d’autant plus, mais on obtient les indications au compte-goutte.
Julie Hétu fait preuve d’une réelle authenticité et une maitrise de l’émotion dans la chute d’Amour hors d’elle-même. Les images frappent, ça remue et je me suis retrouvée à corner plein de pages au fil du texte pour m’assurer de pouvoir retrouver mes phrases préférées.
« Sur la 132, les voitures roulent à vive allure, elle se demande où elles vont, pourquoi personne ne sort de sa voie pour percuter un mur de béton. »
En bref ? Le fond est brut, original, incarné alors que la forme se veut libre, tantôt en prose plus classique, mais flirtant aussi avec le slam quand Amour s’y met. Puissant.





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