







Depuis la première transformation au Moyen-Âge, les humains côtoient les lycanthropes dans toutes les sphères de leur vie. Ou plutôt sont dominés par les loups et louves garous dans tous les aspects de leur quotidien puisque ceux-ci, plus forts, plus charismatiques, plus ambitieux, récoltent tous les postes de pouvoir. Encore heureux qu’ils ne se mettent pas en tête de dévorer les humains, n’est-ce pas ? Ça, c’est l’Esprit de la forêt qui s’en charge, lui qui ne laisse personne quitter les bois vivants.
Du moins personne avant Charline, adolescente qui ressort de la forêt portée par un humain et une lycanthrope au seuil de la mort. Et ce petit miracle pourrait bien tout changer. Parce que Milo, Charline et Rhéane possèdent les clés d’un immense mensonge…
Récit fantastique qui aborde la thématique du pouvoir à travers un suspens ponctué de rebondissements, La forêt qui dévore vise un public intermédiaire.
Oh que je suis mitigée sur celui-ci ! Commençons par le positif : le cadre est original et bien planté avec un prologue qui montre la première transformation (dont on aura une chouette deuxième version un peu plus loin au fil de l’histoire). Cette cohabitation humains/lycanthropes est par ailleurs fascinante dès le départ, tout comme ce concept d’Esprit de la forêt qui dévore celles et ceux qui s’aventurent sur son territoire et les premiers chapitres installent la table pour un véritable suspens : que s’est-il réellement passé dans les bois ? Pourquoi Charline n’est pas morte ? Pourquoi Milo n’a-t-il pas été attaqué, lui ? Et Rhéane ? Certaines personnes sont-elles spéciales ? Protégées ?
Florence Hinckel n’en est pas à ses premières armes et elle a construit son histoire de façon à garder son lectorat captif, distillant juste assez d’information au fil des pages pour qu’on progresse dans notre compréhension sans toutefois trop en révéler. Bref, il y a du très bon dans ce roman.
Mon principal souci, c’est que sous cette originalité il y a une histoire somme toute classique en ce qui concerne les mécanismes de domination. Le schéma est attendu, souvent trop appuyé et au final peu crédible tellement les fils sont gros. En fait, j’ai l’impression que l’autrice guide trop son lectorat tout au long du texte, comme si elle voulait s’assurer qu’il comprenne la morale. J’aurais voulu plus de nuances, de ces zones d’ombre qui font partie de notre réalité. Et ça gâche un peu le plaisir malgré toutes les qualités du récit.
Bref, c’est intéressant comme concept, mais ça manquait peut-être de surprises pour soutenir l’originalité du cadre.
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