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Aux Chaumes, village français perdu dans la campagne, il y a d’abord Anzême qui doit partir à la guerre, laissant derrière lui son père Cytise et Marty, ce frère qui contrôle si mal son caractère. Puis il y a Charme qui veut jouer les héros auprès de celle qu’il aime après une guerre perdue et finit blessé, amer, Aloès et son cœur de poète envoyé en Algérie et pris dans une époque trop petite pour lui, Olivier qui refuse d’entrer dans le moule et se cherche entre les mensonges et… Saule. Pour qui cette histoire est écrite.
Saga familiale qui s’étend sur tout le 20e siècle et le début du 21e et parle de liens, de colère, de silence et de monde en évolution, Nous traverserons des orages vise un lectorat avancé.
J’ai de plus en plus l’impression que certaines lectures sont faites pour que je les écoute. Je suis plus patiente en audio avec des œuvres complexes, denses, longues, comme si j’acceptais plus facilement le voyage. Ça a aussi sans doute un rapport avec mon attention qui diminue, je le sens bien, face aux livres. Bref, j’arrive très en retard avec cette chronique parce que j’ai abandonné deux fois ce récit lorsqu’il est sorti en roman il y a deux ans et que c’est parce que je l’ai trouvé en livre audio que je lui ai donné de nouveau sa chance.
À mon grand bonheur.
Chez les adultes, Ken Follett arrive à faire découvrir des pans entiers de l’histoire à un large lectorat grâce à des sagas qui s’étirent sur de longues périodes et entremêlent efficacement faits historiques et quêtes personnelles. C’est un peu ce que nous offre ici, pour les ados (mais pas que, d’ailleurs puisque Nous traverserons des orages est aussi paru en littérature générale), Anne-Laure Bondoux, avec un récit qui raconte la vie des hommes de la famille Balaguère de la veille de la Première Guerre à la fin du confinement Covid. À travers les générations de cette lignée d’hommes, elle suit le fil conducteur de la violence du monde, des non-dits, de la colère. De tout ce qui se transmet de l’un à l’autre, tout ce qui est tu. Tout ce qui tente d’être réparé, parfois maladroitement. C’est un livre fascinant et touchant dans lequel le défi, ambitieux, de rendre à la fois l’Histoire et l’histoire y est relevé avec brio.
« Je repense à ce que mon père m'a dit, un matin, dans la cuisine, rue de Verneuil : la littérature est une consolation.
Je ne sais pas s'il avait raison, mais j'aimerais bien.
J'aimerais croire que toutes les histoires, même les plus tragiques, peuvent nous consoler, à condition qu'elles disent la vérité. »
Oui, c’est costaud, mais ces Balagère valent la peine. Osez !
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